Commune jumelée avec Janaillat (Creuse) et Ennery-en-Vexin (Val d’Oise)

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     La famille de Heu est originaire de la Belgique (Huy près de Liége). Elle vint s’installer dans notre région au cours du XIII siècle. Elle fut l’une des plus puissantes familles de la ville de Metz tant par ses charges, ses alliances, ses richesses et ses fiefs. Elle possédait de nombreuses seigneuries dont celle d’Ennery.


     ENNERY fut acheté an 1314 par Thiébaut de HEU, maître échevin de la ville de METZ, et le plus riche seigneur de la cité.


     Vers 1325, tout le pays messin fut ravagé par les guerres ; incendies et pillages se succèdent. Il est probable qu'à cette époque eut lieu une première consolidation des remparts, dont l'enceinte fortifiée englobait la plus grande partie du "vieux village".


     Après Thiébaut, ENNERY passa à l'un de ses fils, Stévenin, dit "Clerc", qui transmit à son frère Willaume, chevalier d'armes de JERUSALEM, lequel servit les rois Philippe et Jean de VALOIS, avec un cœur meilleur que sa fortune. Son fils unique Nicolle 1er lui succéda en 1385. La guerre, cependant, avait repris. Nicolle 1er ne faillit pas à cette tradition et participa aux expéditions punitives du roi de France Charles VI contre les Flamands. En 1390, les troupes du Duc de BRABANT brûlent ENNERY en même temps que les autres villages. Nicolle 1er entreprit donc la construction du donjon pour mieux défendre le village.


    Il transmit le tout à son fils Collignon de HEU, dit "le grand aumonier" ; ce dernier était Seigneur d'ENNERY. En 1404, il possédait tout ou en partie : les Seigneuries de Ste RUFFINE, ROZERIEULLES, AY, TREMERY, CHELAINCOURT, MANCOURT, RUGY, BUY, CHIEULLES, ARGANCY, MALROY, MEY, CREPY, PELTRE et AUMONT. C'était le plus grand Seigneur de la cité car, à la même époque, il était taxé à 7 chevaux et lui seul atteignait ce chiffre, alors que la moyenne des membres des paraiges était à peine de 2.



     Après Collignon de HEU, la seigneurie passa en 1462 à son fils Jehan ; c'est lui qui fit construire la Belle-Croix en mémoire de son père. Il suivit ses conseils et fut à juste titre honoré de la confiance publique. Il joua un rôle actif de conciliation lorsqu'une querelle s'éleva entre la ville de METZ et les chanoines. Il fut chargé d'aller plaider la cause de la ville que le pape excommunia (à cette époque, il employait souvent ce moyen de pression pour se faire écouter). Après avoir réussi cette tâche, Jehan de HEU fit le pélérinage de JERUSALEM et des autres Lieux Saints. Peu de temps après son retour, il mourut dans la force de l'âge en 1466, précédé dans la tombe par sa femme et ses deux filles. Son fils Nicolle lui succéda ; il avait alors 5 ans. En 1488, il épousa Catherine de GOURNAY. Les habitants furent invités à se divertir aux fêtes de son mariage, où un faste inouï fut déployé. 2000 personnes furent conviées à la cérémonie et à chaque villageois fut distribué une chopine de vin, une grosse miche et une pièce de viande ; de nombreux musiciens animèrent la fête.


    La guerre de 1490 ravage la Lorraine mais épargne ENNERY. Il est très probable que ce fut une bonne garnison enfermée dans ses murailles qui lui valut ce privilège. Cette même année, Nicolle de HEU fut nommé maître échevin pour la seconde fois, ce qui l'obligeait à demeurer à METZ. Il était peu pressé de quitter ENNERY car une épidémie régnait. Il obtint de rester un mois à ENNERY et de faire nommer un lieutenant à sa place Malgré ces précautions, sa femme Catherine fut atteinte par la terrible maladie ; ramenée mourante à METZ, elle expira le 28 novembre. Dix huit mois plus tard, il épousa en secondes noces Marguerite de BRANDENBOURG (le 6 août 1492). La Duchesse de BRANDENBOURG meurt à son tour, alors que son mari est en Terre Sainte, pour délivrer le tombeau du Christ. Elle repose dans l' Eglise d'ENNERY (à cette époque la chapelle du château), sous l'autel de la Vierge. Le grand vitrail qui est sur le côté de cet autel la représente avec sa grande robe de velours rouge et sa couronne de Duchesse en or, telle qu'elle est enterrée.


    A la mort de Nicolle de HEU, lui succède Nicolle IV, mort en 1547. Seigneur de VRY, Maître-Echevin à METZ aux Célestin de 1539 à 1547, il fut quelque temps usufruitier d'ENNERY. Il était par ailleurs le conseiller, le chambellan de Charles Quint ; c'est lui qui fit don de la place du village aux habitants d'ENNERY et un cartouche commémorant ce fait est scellé dans le mur d'une maison dans le prolongement de la mairie actuelle. Ensuite son 3ème frère, Martin, qui porte le titre de Seigneur d'ENNERY pour laisser toute la Seigneurie à sa fille Elisabeth, née de son mariage avec Anne de FAILLY, laquelle transmit à son mari Godefroy d'ELZ, Baron de Clairvaux en 1567.


    La noble famille de HEU avait alors marqué l'histoire d'ENNERY pendant plus de deux siècles.


    ORIGINE DES ARMOIRIES       


   C'est en 1232 que deux frères originaires de Liège, quittent leur village natal de Huy, prononcé Heu, pour se rendre à Metz et s'y installer. Ils se nomment Rougier et Gille de Heu.


   Gille de Heu ,qui est Chevalier d'Avence, emmène avec lui ses armures mais celles-ci sont incomplètes. Il manque un détail: son bouclier ne porte pas de blason pour le caractériser, lui et sa future dépendance. Son choix va être guidé par deux détails.


    Le premier est la fervente admiration de Gille de Heu pour Godefroy de Bouillon. En effet ils sont tous deux nés en Basse-Lorraine dans des villes distantes d'une cinquantaine de kilomètres. Gille de Heu n'est donc pas insensible aux prouesses de Godefroy de Bouillon qui se répandent dans toute la région (il s'illustra lors de la prise de Jérusalem et fut élu Roi de cette ville en 1099). Gille de Heu reproduisit donc sur son écusson les caractéristiques du blason de Godefroy: un écusson coupé en diagonale par une bande.


    Pour montrer son respect envers les ducs de Lorraine, il choisit des émaux représentant le mieux son sacrifice et son service: le rouge et le blanc.


    Le second détail qui influença Gille de Heu dans le choix de son blason fut son pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle. Ce jeune chevalier baptisé et très pieux, voulut remplir ses engagements envers Dieu, faire acte de bravoure. Pour cela il décida de réaliser un long et dur pèlerinage. Il dut parcourir plus de mille kilomètres à pied. Sur la route il n'était pas seul, les pèlerins étaient nombreux. Arrivé à Saint Jacques de Compostelle il put alors porter la célèbre coquille de St Jacques sur son manteau et son chapeau. A la place des trois alérions situés dans la bande du blason de Godefroy de Bouillon, Gille de Heu décida de faire figurer sur son blason trois coquilles symboles de son pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle.



 Gille de Heu possède maintenant son blason : un écusson rouge traversé par une bande blanche sur laquelle figurent trois coquilles.

   Sa devise aurait pu s'exprimer ainsi: " Fidélité (blanc) dans le service (rouge) de Dieu et du prochain (coquille) ".

    Les armoiries de Gille de Heu furent adoptées par toute la lignée des de Heu puis ,en 1957, par la commune d'Ennery.

    Pour en savoir plus sur cette famille, consulter la thèse de Pierre-Marie Mercier :

                 http://www.theses.fr/2011METZ017L

La famille de Heu